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D. Ledoux : Le rêve d’une vie

Neuf fois championne de France de gymnastique rythmique, la calaisienne Delphine Ledoux a enfin réalisé le rêve de sa vie, celui de participer aux Jeux Olympiques, c’était il y a un peu plus de deux semaines à Londres. Elle nous livre en exclusivité ses impressions sur la dernière compétition de sa carrière, certainement la plus mémorable de toutes.

A 27 ans, les Jeux Olympiques de Londres mettent un terme à ta carrière de gymnaste de haut niveau. Comment vis-tu cette conclusion ?
Finir sa carrière sur les Jeux Olympiques, c’est vraiment quelque chose d’extraordinaire ! Je suis en plus satisfaite de mes enchaînements donc je ne pouvais souhaiter un meilleur final (grand sourire).
Pour l’instant, tout va bien, je profite des vacances et m’occupe de mon déménagement.
Je sais que l’arrêt sera plus difficile après car il y aura un vrai manque que je commence déjà un peu à ressentir.

Depuis 1999 en équipe de France et neuf fois championne de France Elite, quelle est la recette d’une telle longévité ?
Le TRAVAIL !!! Il y a eu des victoires mais aussi des échecs qui nous font avancer et progresser. Il y a eu également des remises en question mais c’est surtout le travail avec l’entraîneur, l’ambition et la passion qui priment sur le reste.

Encadrée toutes ces années par Katia Guillère, vous avez développé une belle complicité ensemble, quelle a été la plus grande récompense et le moment le plus difficile que vous ayez traversés ?
La plus grande récompense est celle d’avoir partagé les Jeux Olympiques de Londres à deux. Nous étions vraiment heureuses d’y être. Je suis tellement ravie d’avoir travaillé avec Katia pendant 14 ans et surtout d’avoir réalisé mon rêve à ses côtés. Elle a tout fait pour moi et était présente à chaque moment. Katia est vraiment l’une des meilleures entraineurs au monde ! 🙂
Le plus difficile, je pense que ça a été ma blessure en 2003 à deux semaines seulement des qualifications pour Athènes 2004. Sinon, il y a aussi eu l’échec de la qualification pour Pékin 2008 mais le principal, c’est que l’on ait su rebondir.

Une fois ta sélection olympique en poche suite aux mondiaux de Montpellier, quel changement cela a-t-il impliqué dans ta préparation ?
Il n’y a pas eu de changements car je faisais le même volume horaire d’entraînement, je me rendais tous les jours à la salle… en un sens, il y a surtout eu plus de médias dans le gymnase !

De ces Olympiades, quel sera ton plus beau souvenir ?
Il y en a tellement… La cérémonie avec l’entrée dans le stade et le moment où la flamme a été allumée, c’était si beau ! Il y a la rencontre d’autres sportifs ; et surtout, mes premiers et derniers pas dans cette compétition. J’étais tellement fière de représenter la France et toute la gymnastique rythmique française.

A quel point la compétition est-elle différente lorsqu’il s’agit des Jeux Olympiques en comparaison avec des championnats d’Europe ou du Monde ? Comment l’as-tu abordée ?
Les Olympiades sont un évènement planétaire, ce sont les meilleurs athlètes de chaque pays dans chaque discipline ! Après, pour la GR ce n’était pas vraiment différent car nous étions à l’hôtel près de Wembley, la salle de compétition se trouvant vraiment loin du village Olympique, on savait également qu’il n’y aurait pas vraiment de grosses surprises pour le classement.
J’ai abordé cette compétition de la même manière que les autres et je n’ai pas été trop stressée car j’étais vraiment bien préparée.

Tu as vraiment bien maîtrisé tes quatre passages et t’es classée 13ème lors des qualifications. Qu’est-ce qui t’as manqué pour accéder à la finale ?
J’ai réalisé quatre enchaînements sans chute, sans grosses erreurs corporelles donc personnellement, je n’ai rien à me reprocher. Le premier jour des qualifications, j’étais 9ème au classement provisoire et je savais que rester dans les 10 premières le lendamain allait être difficile. D’ailleurs, les juges ont été sévères avec moi le deuxième jour, je devais gêner un peu trop le classement…

Quel a été le plus fort sentiment de ta compétition ?
Mon passage aux massues, mon tout dernier exercice. Je n’ai rien voulu lâcher et tout donner jusqu’à la fin. Le silence dans la salle durant les 30 premières secondes de mon enchainement étaient juste incroyables.

La russe Evgenia Kanaeva a décroché son second titre olympique, comment considères-tu son évolution ? A-t-elle été une de tes références ?
Kanaeva est une très jolie gymnaste. J’aime beaucoup ce qu’elle fait et elle mérite vraiment son titre. Tout paraît simple lorsqu’elle est sur le praticable mais ma référence serait plutôt l’ukrainienne Elena Vitrichenko dont je suis réellement fan !

Après la gym, la vie continue, quel avenir vas-tu dorénavant embrasser ?
Je rentre en Ecole de kinésithérapeute le 10 septembre prochain pour trois ans d’études.

Garderas-tu un pied dans le monde de la gymnastique rythmique ?
Oui, c’est une passion et ça le restera toujours. Je garderai toujours un oeil sur cette discipline mais je vais d’abord me consacrer à mes études.

Quel conseil pourrais-tu donner à tout athlète ou jeune sportif qui souhaite, comme toi, réaliser son ambition de futur olympien ?
Ne surtout rien lâcher… Garder son objectif en tête et travailler pour. Si parfois, il y a des obstacles, il faut foncer, prendre toujours du plaisir et avant tout rester soi-même !