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Kanaeva, une longue carrière derrière moi à 21 ans

Propos recueillis par Timofei Gueracimenko pour le quotidien russe Московские Новости.

Le leadership d’Evgenia Kanaeva depuis les quatre dernières années est incontesté, elle a remporté pas moins de 50 médailles d’or cette année sur divers tournois. A tout juste 21 ans, elle compte déjà une longue carrière derrière elle.

Après les mondiaux de Montpellier, vous aviez déclaré vous arrêter pendant une petite semaine. Vous êtes-vous bien reposée ?
Oui, j’ai bien récupéré et j’ai pu trouver du temps pour voir ma famille et mes amis. Nous nous sommes rendus à une station balnéaire.

A Montpellier, en terme de rivalité, vous avez remporté 6 médailles d’or. Est-ce devenu une tradition ?
Je répèterai encore et encore que l’obtention de ces médailles est le résultat d’un dur labeur. La compétition n’a pas été facile pour moi à aucun engin et je suis loin d’être la seule bonne concurrente. Daria Dmitrieva et Daria Kondakova montrent de telles combinaisons que je me demande parfois si je serais capable de faire la même chose. Je travaille donc dans ce sens au gymnase. Je me force à persévérer et à inventer de nouvelles originalités. C’est difficile parfois. Je sais qu’à déjà 21 ans, j’ai une longue carrière derrière moi.

N’y a-t-il rien qui vous exaspère ?
Si, un épisode aux championnats du monde. Si je me souviens bien, c’était après le premier jour de compétition, au contrôle anti-dopage. Il était très tard et personne ne semblait se soucier de l’heure. On a été forcées de rester jusqu’à 3h30 du matin, alors que nous allions reprendre la compétition quelques heures après… C’était vraiment de la folie et sans considération aucune !

Ces contrôles sont-ils si fréquents ?
On nous a promis que cela ne se reproduirait pas. De plus, nous avons lu que la dernière heure de test était programmée à 23h, la prochaine fois nous saurons quoi dire pour ne pas nous laisser faire. Ce n’est un secret pour personne que l’équipe russe est surveillée de très près. On vient constamment nous trouver…

Ressentez-vous la jalousie d’autrui par rapport à vos succès passés ?
Non, j’ai d’assez bonnes relations avec toutes les gymnastes. Au sein de notre équipe actuelle, il est vrai que je passe plus de temps avec les filles de l’ensemble. Notre travail n’étant pas le même, nous pouvons parler de tout. Quant aux fans, je ne suis pas la seule qu’ils soutiennent.

Quel type de cadeaux recevez-vous généralement lors des tournois ?
Des peluches, des poupées, parfois de superbes choses. Une de mes plus grosses fans, qui est originaire de Taïwan, m’a apporté un immense poster à Montpellier. Il faut que vous le voyez, c’est difficile à expliquer, pour résumer, c’est une grande photo de moi composée de 10 000 images de mes enchaînements. C’est formidable, j’ai du mal à imaginer le temps que peut passer une personne à confectionner tout cela.

Vous avez votre billet pour les Jeux Olympiques. Allez-vous faire des changements dans vos programmes ?
On est en train d’y penser avec mon entraîneur Vera Shtelbaums. Deux de mes enchaînements vont subir d’importantes modifications. Les deux autres aussi mais seulement si nous trouvons une musique intéressante. En ce moment, la recherche n’est pas fructueuse. Tous les programmes dépendent de la qualité de la musique. Si nous ne trouvons rien qui vaille la peine, alors nous garderons les choses comme elles sont.

Traduction : Bodychou