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Alice au pays des anges

Voici le témoignage d’Alice Dufour, en direct de la “Cité des Anges”, sur sa nouvelle carrière outre-atlantique. Comédienne, danseuse et gymnaste avant tout, elle incarne le rôle titre de Scarlett dans le tout nouveau spectacle du Cirque du Soleil “Iris, un voyage dans le monde du cinéma” dont la première officielle a eu lieu le 25 septembre dernier au Kodak Theater situé sur le mythique Hollywood Boulevard de Los Angeles. Elle était également l’égérie des championnats du monde de Montpellier pour lesquels elle évoluait dans le clip promotionnel.
Un grand merci à elle pour avoir accepté de livrer ses impressions et pour nous faire partager un bout de son univers en exclusivité sur le blog !

“J’ai commencé l’aventure Iris sous la neige de Montréal. J’ai été plongée dans l’immense entreprise du Cirque du Soleil dès le premier jour : corps scanné, tête moulée, prises de mesures d’une précision effrayante… Ce qui m’a le plus marqué ce sont les ateliers de création des costumes. Des dizaines, voire des centaines de personnes à l’oeuvre dans les départements de la chaussure, des chapeaux, des masques, de la couture… Ils ont même leur propre «matériau-thèque». Tout est millimétré et organisé précisément. Et puis les salles d’entrainement et de création des spectacles sont énormes. Je vivais en face de cette grande infrastructure dans une résidence qui loge les artistes en création ou en convalescence (et oui, c’est aussi ça le Cirque…).
J’ai ensuite déménagé à Los Angeles où se produit le spectacle. La période de création et des répétitions fut vraiment intense.
Aujourd’hui la « soft » opening (21 juillet) et la première mondiale (25 septembre) sont passées. On se produit devant une salle de 2500 spectateurs, qui est pratiquement remplie chaque soir.
« Iris » a pour trame une histoire d’amour entre deux jeunes personnages Buster (interprété par l’hallucinant Raphaël Cruz) et Scarlett, que je joue. Je partage ce joli rôle avec l’une des plus grandes équilibristes du monde, si ce n’est la plus grande : Olga Pikhienko. Elle se produit lors du dernier tableau où les deux amoureux se retrouvent enfin seuls et que Scarlett le vampe une dernière fois en évoluant sur des cannes avec une élégance folle… jusqu’au baiser.
De mon côté, j’incarne Scarlett en la faisant évoluer de la petite danseuse/gymnaste rythmique, jeune mais plus mutine que naïve malgré son apparence, en actrice de cinéma.
La transition se déroule à la fin de l’acte 1, lorsque le producteur (un homme au sourire trop blanc et aux bijoux trop clinquants) lui dit d’arrêter de jouer avec ce ruban en le lui retirant des mains et en lui annonçant qu’il s’apprête à faire d’elle une grande actrice de cinema. Le texte donnant ceci : « Scarlett ! What are you doing? Stop playing with that… You could do better… I have big plans for you!… I’m gonna make you a movie star!… (and I’m gonna be your manager!) ».
Mais l’histoire, la vraie, la belle, celle qui fait rêver, est bien celle de l’amour entre les deux soupirants. Lors de l’ouverture, Scarlett lance son ruban de dos, vers le centre de la scène, elle le suit du regard, le nez en l’air… et au moment de le rattraper se retrouve mains dans les mains et yeux dans les yeux avec le beau pianiste. Coup de foudre évident. De là c’est plus d’une heure et demie de péripéties, de retrouvailles, de séparations de tous genres par des éléments extérieurs délirants : un dompteur d’ombre menaçant, d’envahissants danseurs, un manager un peu trop exigeant, un romain bien costaud et puis… les fameux gangsters !…
Du côté des coulisses, ce sont plus de 110 techniciens, 6 perruquiers et coiffeurs, 75 artistes dont 7 musiciens, une vingtaine de costumiers… Je ne suis d’ailleurs pas autorisée à placer mes perruques moi-même, et ai besoin de costumiers pour m’habiller et faire les changements rapides en coulisses (par exemple échanger mes chaussons de GR par mes souliers). C’est fou ! 🙂
La transformation physique du rôle de Scarlett est importante entre le premier acte et le second. Les minutes de l’entracte sont comptées. Changement total de look donc de costume (je porte un corset serré pour la version star), de chaussures, de perruque et même de maquillage (des lèvres rouge vermillon pailletées à bloc !).
Je vis une belle aventure. Ce qui me plait par dessus tout dans ce travail c’est d’être entourée d’artistes aussi talentueux que fascinants. Quinze nationalités différentes fourmillent en backstage… J’ai une chance incroyable de me retrouver parmi eux. J’apprends beaucoup. Certes, Paris et ma famille me manque mais je ne boude pas mon plaisir de vivre une expérience aussi riche.
Longue vie à Iris ! Et surtout vive la GR !!”

Suivez-la sur twitter : @AliceDufour
Découvrez le site du spectacle : Iris (Cirque du Soleil)

Photos : CirqueduSoleil