Jeux Olympiques

Londres derrière Francesca Jones pour 2012

Interview de la championne britannique Francesca Jones par Colin Jackson – Raise Your Game BBC Wales

Raise Your Game: Comment as-tu débuté la gymnastique rythmique ?
Francesca Jones : J’ai en réalité commencé par la gymnastique artistique à l’âge de six ans jusqu’à la fermeture du gymnase trois ans plus tard. Le seul autre club local proposait de la gymnastique rythmique, je suis allée y faire un tour et ça m’a vraiment plu. Je me suis trouvée meilleure dans cette discipline, alors après avoir été sélectionnée pour faire partie de l’équipe nationale, j’ai décidé de mettre un terme à la gymnastique artistique afin de consacrer plus de temps à la gymnastique rythmique.

RYG : A quel point est-ce difficile de se préparer pour un sport qui exige tant d’aptitudes techniques ?
FJ : C’est vrai qu’il y a plein d’aspects différents. Vous devez être souple, forte et avoir une très bonne coordination, ce qui n’est pas mon cas (rires). Cela demande beaucoup d’entraînement et de temps pour arriver à tout faire fonctionner parfaitement. Il faut aussi être capable de se produire devant un public, d’ailleurs le code de pointage en vigueur vise davantage à évaluer l’expressivité.

RYG : Comment arrives-tu à gérer tes points faibles lors d’une compétition ?
FJ : J’ai toujours eu beaucoup de mal avec l’expression corporelle et les éléments artistiques car je suis plutôt introvertie. Cette année, l’objectif a été de simplifier mes enchaînements en terme d’exécution et de trouver de nouveaux mouvements qui me correspondent vraiment.

RYG : Ce que tu as appris en gymnastique te sert-il dans d’autres domaines de la vie courante ?
FJ : Oui, bien évidemment. La concentration et la détermination développées à la suite de longues heures d’entraînement et de compétition m’aident assurément ainsi que l’habitude d’être sous pression. Maintenant, dès que je me retrouve en situation de stress, j’ai beaucoup moins de mal à gérer mes émotions qu’avant. J’ai également davantage gagné confiance en moi après avoir travaillé sur l’expressivité et la théâtralité que la gymnastique exige.

RYG : Abordes-tu une compétition individuelle et une compétition par équipe de la même manière ? Qu’y a t-il de différent dans leur préparation ?
FJ : Généralement, je matche en individuelle mais j’ai récemment pris part à une compétition par équipe lors des championnats du Monde de Mie en 2009. Nous étions trois à présenter nos enchaînements individuels et ce sont les scores de chacune ajoutés qui déterminent la note finale de l’équipe. Pendant un mois avant les mondiaux, nous nous sommes entraînées ensemble ce qui nous a permis de développer l’esprit d’équipe et de nous encourager mutuellement.

RYG : Quelle est la clé de la réussite d’une équipe ?
FJ : C’est de se soutenir, de s’encourager les unes les autres et de savoir reconnaître quand l’une d’entre nous est fatiguée. J’ai vraiment eu de la chance de bien m’entendre avec elles et que nous nous soyons beaucoup soutenues.

RYG : Combien d’heures d’entraînement pour un enchaînement ?
FJ : La création d’un enchaînement avec toutes ses difficultés ne prend pas trop de temps, une seule session peut même être suffisante. Par contre, il faut compter au moins trois ou quatre mois de travail acharné pour être prête à le présenter en compétition.

RYG : Quelle est ta motivation à toute épreuve ?
FJ : Ce qui m’aide c’est de me voir m’améliorer et réussir de nouveaux éléments, ça m’encourage vraiment à continuer. J’aime ce que je fais et apparemment ça me motive encore plus.

RYG : Comment gères-tu entraînement et études ?
FJ : Je viens d’achever mon baccalauréat mais en cours à distance, ce qui signifie travailler toute seule. Je m’entraîne 7 heures par jour et 6 jours par semaine. C’est parfois difficile pendant les périodes d’examen car je dois tout faire en même temps et ne louper aucun entraînement.

RYG : As-tu été obligée de faire beaucoup de sacrifices ?
FJ : Oui, assez quand même. A seize ans, j’ai dû quitter ma famille et mes amis. Je continue à les voir à l’occasion mais ce n’est plus pareil.

RYG : N’importe quelle petite erreur est sévèrement sanctionnée en gymnastique rythmique, comment persévères-tu afin de présenter un sans-faute ?
FJ : Pour moi, il est très important de m’entraîner sans relâche avant mes passages, comme cela je n’ai pas le temps de penser ni de commencer à stresser. Cette année, j’ai entrepris un travail de visualisation ce qui m’a fortement aidé.

RYG : Comment gères-tu les déboires et la déception ?
FJ : J’essaye toujours de me concentrer sur l’instant d’après et la prochaine compétition à venir et de travailler davantage pour que ça ne puisse plus se reproduire.

RYG : Quelles autres expériences as-tu vécues grâce au sport ?
FJ : Surement celle de voyager car j’ai eu l’opportunité de me rendre dans beaucoup de pays et d’apprendre des cultures différentes. Je me suis aussi fait des amis partout dans le monde avec qui j’ai pu garder contact.

RYG : Quel sont ton objectif et tes ambitions pour l’avenir ?
FJ : Pour le moment, je me concentre sur les prochains Commonwealth Games car je pense pouvoir défendre une bonne place. Puis il y a bientôt les championnats d’Europe et sans doute Londres 2012 mais c’est difficile à dire puisqu’il faut passer par un système de qualifications dans notre discipline.

RYG : Quel conseil donnerais-tu aux jeunes qui souhaiteraient pratiquer la gymnastique ?
FJ : C’est beaucoup de travail mais vous en serez récompensés. Posez-vous des objectifs à court terme et quand vous les réussissez, soyez-en fiers !

Francesca (Frankie) Jones, née le 9 novembre 1990
Palmarès :
Médaillée d’argent au cerceau et de bronze à la corde aux Commonwealth Games de Delhi en 2010
Championne de Grande-Bretagne en 2006, 2007 et 2009
Championne du Pays-de-Galles en 2006, 2007 et 2009
A participé pour la Grande-Bretagne à de nombreuses étapes Grand Prix et Coupe du Monde en 2009
A terminé 55ème (bond en avant de 30 places depuis 2008) aux championnats du Monde de Mie en 2009
A terminé 37ème aux championnats d’Europe de Baku en 2009

Source : BBC – Traduction : Bodychou