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Haut niveau : responsabilité des parents

Les parents influent sans aucun doute sur la carrière de leur enfant quand il s’agit de pratique sportive intensive. A chaque étape de cette carrière, les parents ont un rôle déterminant, tantôt actif, tantôt passif, qui est nécessaire à l’épanouissement et à l’accomplissement d’un athlète.

“Un soutien immense et une absence de pression infligée par la famille pour gagner à tout prix sont non seulement une caractéristique commune aux athlètes de haut niveau mais également (avec le soutien apporté par les amis et les entraîneurs) l’un des trois facteurs clés du succès pour la plupart des athlètes olympiques ayant atteint leurs objectifs.”

Au stade de l’enfance, il est préconisé, d’initier l’enfant à plusieurs disciplines sportives dans le but de s’amuser avant de démarrer son sport de prédilection. Dans le cas de la gymnastique rythmique, les jeunes filles débutent relativement tôt, le plus souvent vers six-huit ans ou même avant (baby-gym). Les mamans sont souvent d’anciennes gymnastes qui ont pratiqué ou encadré à divers niveaux. A ce jeune âge, les parents ont un rôle très influent qui perdure au moins jusqu’à l’adolescence. L’influence familiale varie en fonction des moeurs de chacun et peut agir sur les perceptions, les capacités et sur l’investissement de l’enfant. Par conséquent, il est important d’équilibrer motivation, discipline et plaisir pour que l’enfant se structure dans un environnement sain. Pressuriser l’enfant en cas d’échec ou d’objectifs non atteints peuvent nuire au bon déroulement de sa carrière et renforcer son sentiment d’insatisfaction et de non-reconnaissance. Il faut surtout savoir être à l’écoute, la communication étant l’arme la plus efficace dans bien des domaines…

“Hellstedt (1995) a laissé entendre que, durant le stade d’initiation, les parents devaient maintenir des limites perméables afin de permettre à l’enfant de vivre des expériences individuelles et familiales hors sphère sportive et inculquer des valeurs familiales liées au travail et à la réalisation d’objectifs en montrant l’exemple plutôt que par les mots.”

Les parents jouent d’ailleurs un rôle essentiel dans l’intégration du sport-études où l’enfant doit mener à bien réussite scolaire et sportive. A eux de trouver les bonnes incitations pour encourager le jeune athlète.
Par contre ce ne seront plus les parents mais les entraîneurs et les structures d’encadrement qui joueront un rôle déterminant pour le passage en haut niveau.

Lorsque l’enfant est sélectionné aux tests d’entrée eu haut niveau (entre 12 et 15 ans), l’implication des parents, même si elle diffère du stade d’initiation, est toujours importante et recherchée par les athlètes. En effet, l’intensité des horaires d’entraînements et l’école obligatoire exigent une maturité et une gestion de l’emploi du temps que l’enfant saura acquérir encore plus rapidement grâce au soutien de ses parents. L’athlète est à un stade crucial de sa carrière où le sport fait partie intégrante de son quotidien et où la discipline et l’assiduité sont de rigueur. La vie de la famille va, le plus souvent, se régler sur les impératifs sportifs de l’enfant et l’implication émotionnelle ira de paire avec le soutien financier et le besoin de transport sur le lieu d’entraînement ou de compétition.
L’implication des parents change quand l’athlète quitte le nid familial mais il cherchera à garder contact très souvent avec eux. Leur présence lors des premières compétitions nationales voire internationales représente un plus même si le besoin s’estompe avec le temps et l’augmentation du nombre de rencontres. Pour les parents qui entraînent eux-mêmes leur progéniture, il est important de faire la distinction entre les deux rôles, même si la pression est plus grande, la compréhension et le soutien apportés par le parent-entraîneur ont généralement un effet positif sur la relation privilégiée qu’entretient l’adolescent avec son parent.

On considère que la transition du secteur junior au secteur sénior représente un stade de perfectionnement chez le jeune athlète (15-16 ans) où le sport devient un véritable métier en terme de performance et d’investissement (environ 20-25 heures d’entraînement hebdomadaire en France). Même si les parents sont souvent moins impliqués, leur soutien moral reste primordial, surtout en terme d’échec sur des échéances particulièrement importantes ou en cas de baisse de performances tout simplement. Même si les liens seront difficiles à desserrer, il faudra que les parents acceptent que leur enfant devienne adulte avec tout ce que cela implique (faire ses propres expériences, bâtir une vie amoureuse…). Néanmoins, une famille d’athlète ayant terminé le secondaire sur deux insiste pour qu’il/elle continue des études supérieures afin qu’il/elle puisse s’assumer du mieux possible professionnellement une fois la carrière sportive terminée. Bien que cela représente un effort supplémentaire pour l’athlète, c’est un passage obligé car peu pourront vivre de leur succès. En gymnastique rythmique, une carrière dure aujourd’hui dix ans en moyenne (16-26 ans).

L’arrêt du sport est causé de différentes manières: manque de plaisir au stade d’initiation, blessure, mise en avant des études, etc… En gymnastique (rythmique ou autre) la retraite sportive est précoce (23 ans en moyenne) sauf cas rares tels que l’espagnole Almudena Cid (arrêt de la GR à 28 ans, participation à quatre finales olympiques) ou l’allemande Oksana Chusovitina (34 ans, carrière GAF toujours en cours). Les athlètes se tournent souvent vers leurs parents et évaluent énormément l’impact de leur soutien à ce stade d’arrêt “définitif”. Le deuil de la carrière est difficile et la reprise d’une vie normale ne se fait pas sans heurts. C’est également la famille qui aide à l’insertion dans le monde du travail sachant que l’expérience ou les qualifications professionnelles de l’athlète ne sont pas toujours suffisantes, l’objectif sportif étant privilégié. En général, le bilan des parents sur la carrière de leur enfant est positif, qu’ils en discutent avec ou sans l’intéressé.

La responsabilité des parents est primordiale et nécessaire à chaque étape de la vie d’un sportif de haut niveau. Comme pour l’éducation en général, il n’y a pas de manière clé pour savoir comment agir face aux situations exceptionnelles et aux choix de vie de nos enfants. Il faut savoir être à l’écoute et ne pas avoir peur de revenir sur leurs bonnes et mauvaises expériences afin qu’ils puissent continuer d’avancer.

Extraits cités de: Psychologie sociale du sport par Sophia Jowett et David Lavallee
Photos – de haut en bas: Dinara Gimatova (AZE), Lioubov Charkashyna (BLR), Simona Peycheva (BUL) et Maria Petrova (BUL).