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Evgenia Kanaeva et l’or de Belgrade

Interview du 13 juillet 2009 extraite de Весь спорт (RUS):

La championne olympique, Evgenia Kanaeva, a remporté 5 fois l’or aux Universiades de Belgrade, concours général et finales confondus.

Ici à Belgrade, les gens ne cessent de dire que ces Universiades ressemblent à des minis Olympiades, qu’en pensez-vous ?
Bien sur, il y a quelques similarités entre les deux: les sportifs viennent des quatre coins du monde, il y a le village des athlètes, mais c’est le cas pour de nombreuses compétitions. Cependant, honnêtement, les J.O. exigent un niveau de compétition qui n’est pas comparable, surtout avec la pression qu’on a sur les épaules.

Saviez-vous que, grâce à vos cinq victoires, la Russie a terminé première au rang des médailles d’or ?
Vraiment? J’en suis très heureuse.

Avez-vous ressenti le poids de la responsabilité qui vous incombait avant d’entrer sur le praticable ?
Oh oui heureusement (rires). Mais je trouve nécessaire de ne rien planifier à l’avance. Quand je suis sur le praticable, j’essaye de montrer tout ce dont je suis capable. C’est ma contribution à une cause commune. Ici aux Universiades, je n’ai pas suivi les performances des autres athlètes russes. Il est vrai que je ne les connais pas et que je ne sais même pas qui était sélectionné pour cet évènement. Par contre, je sais, moi, pourquoi je suis ici. Désolée, ce n’est peut-être pas le réponse que vous attendiez.

Votre entraîneur, Vera Shtelbaums, dit que vous n’êtes pas au meilleur de votre forme.
C’est vrai. Physiquement, je ne me sens pas à 100% de mes capacités. Je n’ai toujours pas pris de congés pour pouvoir me reposer ou partir un peu en vacances alors que j’en ai besoin. Voilà pourquoi mon corps n’accepte plus d’aller au-delà de certaines limites. Et techniquement parlant, j’ai commis des erreurs.

Pourtant, aussi bien nous que le public n’avons rien remarquer !
Et heureusement (rires)! Seules les gymnastes, les entraîneurs et les juges ont besoin de le remarquer. Mon execution aurait dû être plus propre.

Quel sera alors votre souvenir de Belgrade?
Ces Universiades sont les premières auxquelles je participe. J’ai été également capable de remporter cinq médailles d’or ici et il me semble que tout athlète se souvient de ses victoires.

En juin, vous avez eu au moins un mois sans compétitions, était-ce trop court pour faire un break ?
Comme vous venez de le dire… peut-être que c’était trop court et en plus j’étais malade (rires). Je n’étais pas encore remise que déjà je recommençais à m’entraîner. Mais il est vrai que la charge de travail était un peu plus souple. J’en ai même profité pour rendre mes derniers travaux universitaires. Je viens de terminer ma deuxième année à la Faculté des Sports de l’Université d’Etat de Sibérie. Je ne suis pas étudiante à St-Pétersbourg comme indiqué dans les brochures des Jeux de Pékin. Cette information est erronée.

Pour le moment, avant les championnats du Monde de Mie (JPN) qui auront lieu en septembre, qu’allez-vous faire ?
Oh, je vais continuer à m’entraîner, chose que j’arrive encore à faire. Avant les mondiaux, il y aura encore deux compétitions et c’est tout. Pour nous, gymnastes, la vie est simple: bus, gymnase, entraînement, hôtel, rêve. Rien de plus. Même si j’avais l’occasion de me relâcher une fois par mois, je finirai par me sentir coupable au bout du compte.