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Retraite confirmée pour Natalia Godunko

Le ton est plutôt cassant dans l’interview ci-dessous. D’une info à l’autre, Natalia Godunko ne veut plus entendre parler de ses entraîneurs et n’adresse pas même la parole à Anna Bessonova, son ancienne alliée. Je n’ai pas plus de détails et cela ne nous regarde probablement pas. Toutefois, il est dommage de retrouver cette jeune fille d’habitude enjouée avec un ton si amer.

Interview de Mikhailo Soltis pour turnir.com.ua:

Q: Natalia, pourquoi ne pas participer à la Deriuguina Cup qui se déroule chez vous à domicile?
Natalia: Je n’ai tout simplement aucune envie de me rendre à ce tournoi. Tout d’abord, après avoir terminé ma carrière, je ne voulais pas avoir à regarder des tribunes les performances des autres gymnastes. Je sais que je ne tiendrai pas le coup psychologiquement. Deuxièmement, au tournoi de Kiev, avec l’absence des meilleures représentantes des nations fortes, il me semble inintéressant de s’attarder sur les passages des réserves (gymnastes inscrites). Je communique beaucoup avec les étrangères, voilà pourquoi je savais qui serait là ou pas. En particulier, les représentantes russes présentes sont classées 5ème ou 6ème dans leur pays, Kapranova et Sessina ne venant pas. En ce qui concerne la Bulgarie, ce sont des gymnastes jeunes qui sont encore méconnues du circuit. Pour l’Azerbaidjan, il s’agit de la numéro 2 et de la numéro 3. Si les plus fortes gymnastes de la planète étaient venues concourir à Kiev, j’aurais peut-être changé d’avis et serait allée dans les tribunes pour regarder.

Q: Avez-vous reçu une invitation pour l’événement?
Natalia: Oui, mes amies et collègues de l’équipe nationale m’ont convié à me joindre à elles au Capital Palace.

Q: Et en ce qui concerne Mme Deriuguina?
Natalia: Irina Ivanovna a essayé de me joindre. Ca fait un moment que nous ne nous sommes pas parlé parce que je n’étais pas beaucoup chez moi ces derniers temps et n’avais tout simplement pas de temps à gaspiller en bavardages. C’est donc fort possible qu’elle ait voulu m’inviter et peut-être aussi pour que je fasse une apparition publique. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à reprendre contact.

Q: Vous avez donc décidé d’ignorer complètement la bataille que se livraient toutes ces gymnastes? Vous ne vouliez même pas voir les passages de vos compatriotes, à qui, si on peut dire, vous avez passé le flambeau?
Natalia: Non, je suis ouverte à la critique, mais Daria Kushnerova et Alina Maksimenko ne sont pas encore assez mûres et n’ont pas le niveau requis actuellement pour intéresser suffisamment le public. Le public aime se complaire dans les exercices des anciennes. Malheureusement, celles qui me succèdent ne font pas le poids. Par contre, je sais qu’Anna Bessonova va participer. Je lui souhaite bonne chance.

Q: Profitez-vous de votre retraite pour vous reposer après toutes ces années sportives ou avez-vous une vie très occupée?
Natalia: Pour le moment, j’entraîne des enfants dans un club qui n’est pas très loin de Kiev. J’ai toujours désiré travailler avec des enfants. J’essaie donc de concrétiser ce rêve. Je considère que ce travail m’apporte beaucoup et qu’il me permet également d’avoir du temps libre puisqu’il ne me prend que deux heures par jour. J’en profite pour me rendre au club de fitness, à la piscine et pour étudier l’anglais et l’ukrainien.

Q: Vous avez admis que votre collection de médailles représentait environ 17 kilos. Avez-vous une vitrine où les présenter?
Natalia: Pas encore. Toutes mes médailles sont rangées dans un sac de voyage qu’on m’a donné spécifiquement dans ce but quand je suis partie aux J.O. de Pékin. Il y a aussi les peluches que les fans m’ont offertes. J’aimerais me confectionner mon coin de championne pour entreposer tout ceci. Chacune de mes médailles est importante et représente un moment fort de ma vie. Sincèrement, je ne pourrai même pas vous dire qu’une médaille est plus précieuse qu’une autre.