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“La crise” s’abat sur les C.R.E.P.S

Bernard Laporte a présenté sa réforme du sport de haut niveau, vendredi dernier et ce qui en découle n’est pas bon pour l’avenir des C.R.E.P.S. dont certains viennent ou risquent de fermer leurs portes. Rappelons que la GR de haut niveau est répartie dans deux pôles France (Calais et Evry) et quatre pôles Espoir (Orléans, Aix-en-Provence, Montpellier et Strasbourg) dont les trois derniers sont des C.R.E.P.S.

Article de Benoît Siohan issu de LeTelegramme.com.

Le contexte:
La réforme du sport de haut niveau, présentée hier matin par Bernard Laporte, s’inscrit dans le contexte général de la réforme de l’Etat. Derrière l’objectif affiché de « se recentrer sur les missions essentielles », il est clairement question de réaliser des économies, au-delà du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

La philosophie:
Dans le domaine du sport, le gouvernement a clairement fait le choix du haut niveau. « Toute ma politique répond à une grande orientation : assurer la compétitivité sportive de la France », a dit hier le ministre. Après les 40 médailles « dont trop peu d’or » (7, NDLR) aux Jeux de Pékin, Laporte a affiché une ambition : « que l’on soit en 2012-2016, l’une des toutes premières nations ».

Les mesures:
La réforme engagée reposera sur quatre piliers :
– 1. Création d’infrastructures d’excellence : l’INSEP sera transformé en « Campus olympique et sportif ». Il sera entièrement tourné vers le haut niveau, et si l’état prévoit d’y investir 200 millions d’euros, « les entreprises y auront leur place ». Cette tête de pont sera complétée par des « Campus régionaux (…) moins importants en nombre que les CREPS actuels ». De 24 actuellement, on passerait à une dizaine. Ceux, comme Dinard, qui ne sont pas axés sur le haut niveau, quitteront le giron de l’Etat.

– 2. Resserrement de l’élite. De 15.000 actuellement, les sportifs inscrits sur les listes de haut niveau ne seront bientôt plus que 5.000. « Cette évolution s’accompagnera du maintien de l’enveloppe allouée », a affirmé le ministre. Les meilleurs devraient donc en profiter.

– 3. Culture de la performance. Pour Laporte, « la culture de la performance » doit remplacer « la logique administrative » qui prévaudrait aujourd’hui au sein des fédérations. « À partir d’objectifs fixés, les résultats feront l’objet d’une analyse au moins bi annuelle ».

– 4. Démocratiser la gouvernance du sport. Dans ce dernier chapitre ayant peu à voir avec le haut niveau, le ministre évoque un « décalage » au sein des instances dirigeantes. Il fait référence à la faible représentation des jeunes, des femmes et de « la diversité » (ethnique). Son moyen d’action : une réforme du système électoral.