Communauté / Presse

Rien n’arrêtera Simona Peycheva de viser Pékin

Sofia – Reuters – Angel Krasimirov

Simona Peycheva est trempée d’un si fort caractère qu’elle a passé son permis de conduire avec le pied cassé. Il est également assez surprenant que sa préparation olympique n’ait pas été plus bouleversée par sa récente opération à la colonne vertébrale. “J’aurai encore à surmonter bien des difficultés mais je me sens prête à cela. Après tout, c’est ce que je fais tous les jours depuis l’âge de sept ans,” confie la jeune bulgare de 22 ans.
Peycheva, qui a remporté trois titres mondiaux en 2001 et qui demeure la meilleure gymnaste bulgare depuis lors, avait subi une opération à la colonne vertébrale en octobre dernier. Ne se laissant pas abattre, Simona a déjà repris un entraînement bien rigoureux: sept heures par jour, six jours par semaine. La bulgare, 39 kg, adore la compétition et a déjà fait face à de sérieuses blessures. Elle s’était cassé le pied droit en juin 2002 mais avait néanmoins continué la compétition grâce à des piqûres anti-douleur. Elle avait passé son permis la même année au mois d’août et avait remporté deux médailles d’or (ballon et massues), et une d’argent (corde) au tournoi de Stuttgart en novembre. Elle avait également décroché le bronze aux massues aux championnats d’Europe de Riesa en 2003. “J’avais mal, la douleur était atroce,” déclare-t-elle. “J’ai continué la compétition pendant plus d’un an dans cet état, donc passer mon permis de conduire, même avec le pied cassé, était un jeu d’enfant. Il faut dire que la conduite me passionne.”

PEKIN, LE CHANT DU CYGNE

Elle s’est enfin faite opérer du pied en novembre 2003 en Finlande. “Cette opération a sauvé ma carrière, je n’aurai pas pu continuer si je n’avais pas pris le temps de cicatriser de cette fracture.”
Dorénavent, Peycheva est plus que déterminée à gagner une médaille à Pékin, ce sera son chant du cygne. “L’atmosphère d’une vraie compétition est fantastique, il n’y a rien de comparable au sentiment qu’on ressent lorsqu’on entre sur le praticable et qu’on entend les cris de la foule. J’ai la boule au ventre, même en regardant une compétition à la télé. C’est génial.”
Sa blessure au dos avait contrecarré ses chances de remporter un titre mondial en Grèce en septembre dernier. “La situation a tourné au cauchemar deux semaines avant le mondial. La douleur était intense et je ne pouvais pas bouger, je n’avais jamais géré une telle souffrance. J’ai eu le droit de faire la compétition grâce aux piqûres anti-douleur mais ce n’était pas l’idéal sachant que je n’avais pas pu m’entraîner de la semaine précédant le championnat.”
Malgré cela, Peycheva avait terminé 5ème au cerceau et 6ème à la corde.
Mariela Dukova, son entraîneur, dit que son caractère inflexible l’a aidé à se remettre promptement, tout comme il l’a poussé à revenir après un ban de 10 mois pour prise de diuritiques et remporté la 6ème place aux Jeux d’Athènes en 2004.

NOUVEAUX ENCHAÎNEMENTS

“Ce n’est pas facile de travailler avec Simona à cause de son entêtement qui est un peu sa marque de fabrique,” déclare Dukova qui ajoute gentiment: “J’étais ravie de son attitude après l’opération, c’est son esprit combattif et son désir de gagner qui font d’elle une menace constante.”

La Bulgarie était forte en son temps avec Maria Petrova, sacrée trois fois championne du monde dans les années 1990. Le succès olympique a cependant été limité à une médaille d’argent en ensemble en 1996, une médaille de bronze en ensemble en 2004 et une médaille d’argent en 1988 remportée par Adriana Dunavska.
Peycheva prépare de nouveaux enchaînements et Dukova place tous ses espoirs en sa protégée.
“Les russes sont extrêmement fortes mais je pense que Simona peut rivaliser pour une médaille olympique.” C’est Dukova qui avait persuadé Peycheva de ne pas renoncer à sa carrière en 2005 après un arrêt de trois mois. “Elle l’a fait avec une telle délicatesse que je n’ai pas pu résister,” précise Simona. “La psychologie, ça lui connait. C’est grâce à elle que je suis celle que je suis, elle a fait de moi la personne et la compétitrice que je suis.”