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Etre remplaçante en GR

Dans une équipe, chaque membre est important et la remplaçante l’est particulièrement. L’entraîneur qui l’a choisie pour ce rôle le sait bien, même si il (ou elle) ne lui a pas toujours expliqué en détail. Un choix est toujours difficile et l’entraîneur veut faire le plus judicieux pour amener son équipe, et les gymnastes qui la composent, au meilleur niveau.
Ce choix repose sur de nombreux critères qui ne font pas uniquement référence à la maîtrise gymnique. De toute façon, une équipe est comme une chaîne, “la plus solide n’est forte que par son maillon le plus faible.” Ce n’est pas le rôle le plus facile : la remplaçante travaille autant que les autres à l’entraînement. Peut être même plus car elle doit connaître plusieurs rôles pour pouvoir sauver l’équipe en cas de défaillance. Une blessure, une grippe ou une méforme arrivent si vite sans prévenir. Elle doit donc toujours être prête. On doit pouvoir compter sur elle. Mais rester remplaçante n’est pas son but, elle doit chercher à devenir titulaire et souvent en cours de saison (ou la suivante) la remplaçante devient titulaire. Mais pour cela, il faut qu’elle travaille dur comme les titulaires pour conserver sa place.

Dans une équipe l’entente est très importante. Une équipe sans entente perd beaucoup de ses capacités. Il ne faut surtout pas se battre les unes contre les autres mais réserver la confrontation pour les compétitions individuelles. La remplaçante doit veiller et participer au climat serein du groupe. Elle est là avant, pour aider ses copines à gérer leur stress. Elle les rassure, s’échauffe et s’étire avec elles, trouve les mots, les regards, les sourires ou les silences qu’il faut. Moralement elle souffre beaucoup plus lorsque sur le côté de la scène elle regarde avec angoisse les autres se libérer de leur peur sur le praticable. Elle est toujours là, après l’enchaînement, pour écouter les conseils, les félicitations ou les critiques de l’entraîneur. Elle est encore là pour rassurer et réconforter ses copines, leur remonter le moral s’il le faut. Et sa joie ou sa peine ne sont pas moindres lorsqu’à la proclamation des résultats elle monte sur le podium ou reste au bas avec son équipe. C ‘est pourquoi elle doit être autant, sinon davantage respectée que les autres.

Dany Bino, Journal du Vars, 1996
Photo de l’ensemble Italie, on retrouve les 5 titulaires et la remplaçante, médaillées d’or aux Championnats du Monde de Baku en 2005.