Je suis particulièrement heureuse d’accueillir Eva Serrano (photo ci-contre accompagnée de Géraldine Miche, Samira Benamrane et Isabelle De Cossio) sur le blog pour connaître son point de vue sur les championnats d’Europe de Guadalajara (ESP) qui se sont terminés dimanche. Double finaliste olympique à Atlanta (USA) en 1996 et Sydney (AUS) en 2000, la française est désormais de l’autre côte de la table, en tant que juge internationale. Après de nombreuses remises en cause, la gymnastique rythmique tient-elle le bon bout en ce qui concerne l’exigence du code de pointage ? Voici son point de vue.

Bodychou : Quel est ton bilan personnel sur ces Championnats d’Europe ?
Eva Serrano : La France est en net progrès, les individuelles juniors ont vraiment bien travaillé. Elles remplissent leurs objectifs, avec deux finales pour Célia Joseph-Noël qui a super bien bossé durant tout le week end !
L’ensemble en progrès réalise le meilleur total point de la saison et termine 10ème. Les compositions sont très appréciées. Maintenant il faut faire le sans faute à chaque engin.
Axelle déçoit par son dernier passage, qui est vraiment catastrophique et qui fait que finalement elle n’arrive pas à se qualifier pour les Jeux Européens. Sinon elle est en net progrès vis à vis du début de l’année sur tous les paramètres D1 D2 /D3D4/artistique. Trop dommage de lâcher sur le dernier engin, nous étions tous très déçus, car l’objectif était atteignable !

B : As-tu eu un coup de coeur ?
E.S. : Oui un énorme coup de coeur pour l’ensemble Bulgare qui est juste extraordinaire. Je ne l’avais vu que en vidéo mais en vrai c’est juste quelque chose de fabuleux!

B : En tant qu’ancienne gymnaste et désormais juge internationale, qu’apprécies-tu dans cette nouvelle révision du code de pointage ?
E.S. : J’apprécie le travail à l’engin qui est devenu plus riche et qui rend la compétition beaucoup plus intéressante car les gymnastes avec pas énormément de qualités physiques arrivent grâce aux difficultés d’engin à se hisser devant.

B : La donne est-elle enfin inversée pour que de nouveaux profils de gymnastes émergent ?
E.S. : Je ne peux pas dire qu’il y a de nouveaux profils, je dirai qu’il n’y a plus de profils type !

B : L’Espagne est une destination où la gymnastique rythmique est tout le temps en effervescence et on s’y laisse facilement prendre. Cela te rappelle de bons souvenirs ?
E.S. : Oui bien évidemment cela me rappelle mon titre de championne d’Europe à Saragosse ! J’ai adoré le public espagnol très connaisseur et qui applaudit vraiment la belle performance. C’était génial cette ambiance, je pense que les gymnastes ont adoré aussi !!

B : Sur ces vingt dernières années, quel est ton regard sur la GR en général ?
E.S. : Sur ces 20 dernières années il y a eu une période que je n’ai pas du tout aimé, celle où il ne fallait faire que des difficultés corporelles. C’était affreux. Les gymnastes avaient une vingtaine de difficultés corporelles dans les enchaînements cela ne ressemblait plus à rien. Puis nous sommes revenus en arrière progressivement pour revenir à aujourd’hui où je pense que nous sommes vers un code avec légèrement trop de difficultés engin. Il faudrait, selon moi, limiter les DE et être plus exigeant sur les critères (pour que ce soit plus complexe). Par contre en D1 je pense que c’est très bien il ne faut pas changer.
J’ai malgré tout dans la tête ma génération avec Maria Petrova, Elena Vitrichenko, Larissa Lukianenko… Le public était fan et il y avait beaucoup d’émotion dans ces enchaînements. C’était aussi une belle époque. Mais je trouve le code plus juste et objectif aujourd’hui qu’avant et ça c’est une belle évolution.

B : Est-il difficile de rester impartiale en tant que juge ?
E.S. : Aujourd’hui c’est beaucoup plus facile de l’être, les règles sont claires donc les classements sont justes.

B : Quel est ton plus beau souvenir de Guadalajara 2018 ?
E.S. : Le passage de Célia au ruban et l’ensemble bulgare aux cordes ballons !!

B : Un mot pour les gymnastes qui aimeraient suivre tes pas :
E.S. : La GR c’est un sport très difficile et très exigeant mais qui apporte tellement d’émotions qu’on ne peut que vouloir le pratiquer !
Crédit Photos © Eva Serrano / Samira Benamrane / Marianne Piquerel

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