C’est avec stupéfaction et résignation que nous avons appris d’une source que nous tenons à garder secrète, qu’après la corde, c’est un autre engin dont l’existence est remise en cause par les hautes autorités gymniques : les massues.

C’est à Bâle en Suisse, le mois dernier que s’est réuni pour l’ultime fois un groupe de travail composé d’entraineurs nationaux, de Médecins du sport, d’un Médecin-neurologue, et de juges internationaux. Ces réunions étalées sur plusieurs mois, avaient pour objet à la fois de planifier « l’après-massues » et d’évaluer la dangerosité de cet engin. En effet, elles seraient la cause de lésions cérébrales et de multiples microtraumatismes crâniens irréversibles.
« On interdit bien maintenant aux footballeurs de pratiquer des « têtes » à l’entrainement pour des raisons identiques, alors cette mesure me parait tout aussi sécuritaire pour les gymnastes rythmiques… », a affirmé tout naturellement le Docteur Norbert Drut, Neurologue et Chef de Service de neurologie au CHU de Montréal au cours d’une de ces réunions.
Un célèbre entraineur de Biélorussie, en parlant de ses gymnastes, confie à notre contact, embarrassée : C’est vrai qu’il y a un avant et un après… Quand les parents nous les confient et lorsqu’elles terminent leur carrière… Moi je pensais que c’était naturel, que c’était la gymnastique, la vie qui les changeait. Mais j’ai lu article portant sur cette étude sur les footballeurs… »
Après une pause, elle reprend d’un air grave « J’ai beaucoup réfléchi, et depuis j’ai davantage observé mes gymnastes et leurs comportements. C’est surtout Alexandra* qui m’a inquiétée… D’abord elle m’a appelée « Maman » deux fois la semaine dernière, ce n’est pas normal… Puis, elle a refusé tout net lorsque je lui ai proposé, pour un nouvel enchainement, une musique très rythmée et tonique appelée « Despacito » prétextant que cette dernière lui donnait des maux de tête. Elle se plaint régulièrement d’être fatiguée en fin de journée, trébuche sur les divers objets qui se trouvent sur son chemin, comme si elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. En outre, elle confond les gymnastes entre elles, comme les jumelles stars de notre équipe concurrente Helena* et Irina*… Je suis inquiète… »

« Un sentiment de confusion, des céphalées et une grande fatigabilité sont malheureusement monnaie courante chez les personnes qui présentent de telles lésions », explique le Docteur Drut. « Seuls des chocs répétés de massues sur la boite crânienne peuvent être responsables de ces symptômes. Je sais bien qu’Alexandra soutient le contraire, mais elle est ce qu’on appelle anosognosique, elle n’a pas conscience de sa condition, là aussi c’est un classique et cela nous conforte dans nos préoccupations ».

Les acteurs de cette initiative irréversible et historique qui prendra effet après les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, ont bien sûr pensé à l’avenir de la GR.
« Quand on a supprimé la corde pour les séniors en 2011, il nous restait toujours quatre engins… » a argumenté un célèbre entraineur russe. « Mais là, il ne nous en restait plus que trois, nous allions perdre en crédibilité, puis une collègue Bulgare a proposé de revenir aux fondamentaux de la gymnastique rythmique. Au départ, a-t-elle dit, en gymnastique rythmique, il n’y avait que le ballon, le cerceau et l’exercice mains libres. Pour nous tous c’était une évidence ! Les gymnastes séniors devaient se réapproprier le « mains libres », aujourd’hui réservé aux petites filles, et remplacer les massues ! »
Nous avons rapporté ces propos à nos gymnastes françaises et leur avons demandé leur opinion. L’une d’elle a répondu par cette phrase sibylline et lourde de sens « C’est chaud, quoi… », et son homologue junior a ajouté un commentaire qui se suffit à lui-même « Ouais, trop… ».

Propos recueillis par Karine Rgsuperfan

*Les prénoms ont été modifiés afin de protéger la vie privée des gymnastes mentionnées

Photos © Vanessa B. Creapik

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Fan de GRS depuis la première diffusion du dessin animé « Cynthia ou le rythme de la vie » en l’an de grâce 1988, Karine n’a jamais été gymnaste elle-même puisque ses parents avaient fait le choix de vivre dans un village où les activités extra-scolaires, c’est foot… ou foot… Elle doit se contenter de suivre la GRS à la télévision (à une époque où on en diffusait…et où ça s’appelait GRS…) jusqu’à l’arrivée d’internet dans les foyers, l’avènement des forums de GR et de YouTube qui entretiennent sa passion jusqu’à maintenant. Mais elle n’est pas que virtuelle, puisqu’elle lui a permis de nouer des amitiés bien réelles et solides et de faire de belles rencontres.

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