Marta Prus a réalisé pendant un an le documentaire Over the Limit, très attendu dans le monde de la gymnastique rythmique. Consacré à la préparation olympique de la russe Margarita Mamun, on se retrouve dans les coulisses du Centre National de Novogorsk (RUS) sans aucun tabou ni face cachée. Marta Prus connaît bien la discipline puisqu’elle était elle-même gymnaste pendant son enfance à l’Integrated Sports Club de l’Université d’Education Physique de Varsovie. Elle a choisi notamment Margarita pour sa fragilité face au stress, un handicap pour celle qui est finalement devenue championne olympique à Rio (BRA). Ses documentaires ont déjà remporté de nombreuses distinctions et elle a également été récompensée par le Ministère polonais des Arts et Culture pour ses réalisations ainsi que le Prix Wiesław Nowicki en tant que jeune talent prometteur de sa catégorie.
Malgré un emploi du temps très chargé, je suis heureuse qu’elle ait répondu à cette interview si rapidement, étant très sollicitée avant la sortie officielle du film. Un petit cadeau de Noël avant l’heure !

Bodychou : Pour quelles raisons avez-vous choisi de réaliser ce film ?
Marta Prus : J’ai toujours été fascinée par la face cachée de la gymnastique rythmique russe et je tenais à lever le voile sur la préparation de la meilleure équipe du monde.

B : Où se sont situées les difficultés ?
MP : Je ressemble beaucoup à Rita* pour ce qui est de ne pas se rappeler les difficultés passées. Il y a eu bon nombre de challenges et d’obstacles à surmonter pendant les cinq années qu’a duré ce projet. Entre l’attente de l’acceptation d’Irina Viner, la mise en relation avec Rita, sans compter les problèmes liés à la production, il a également fallu que je repousse mes propres limites à plusieurs reprises. La réalisation d’un film est un processus compliqué et difficile, il y aurait tant de choses à dire… Mais ce qui importe c’est le résultat – le film achevé et bouclé.

B : Comment ont réagi les protagonistes du film face à ce projet ? A savoir Margarita Mamun, Amina Zaripova et Irina Viner ?
MP : Au départ, Irina Viner n’aimait pas du tout l’idée de réaliser un documentaire à Novogorsk, mais après lui avoir montré ma motivation pendant les années qui ont suivi, ma persévérance a fini par porter ses fruits. Rita et Amina étaient très emballées au début, mais pendant la période de tournage qui a duré quand même un an, elles en avaient parfois marre d’être constamment scrutées par la caméra. A la différence d’Irina qui n’en ressentait aucune gêne. Elles ont toutes les trois agi naturellement devant moi et je les remercie pour leur confiance.
Elles ont vu le film avant la première. Rita l’a vu à Varsovie et elle a beaucoup pleuré. En tant que réalisatrice, j’étais profondément émue et c’était important pour moi d’être là avec elle et de connaître son ressenti vis-à-vis du film. Amina l’a regardé chez elle à Moscou, elle avait besoin de temps pour se retrouver et elle a finalement beaucoup apprécié le film. Quant à Irina, elle a vraiment respecté mon travail et a aimé le film parce qu’il est « sincère, vrai et offre une dramaturgie digne d’un film de fiction ». Elles sont également venues à la première mondiale à Amsterdam, et cela m’a touché qu’elles soutiennent ainsi mon project.

B : Donc, à aucun moment, vous n’avez été censurée pendant le tournage ?
MP : Non, à aucun moment. Seule ma conscience agit en tant que censure.

B : Est-ce que votre point de vue a changé sur la gymnastique rythmique ou a-t-il été au contraire renforcé ? De quelle manière ?
MP : Non, je ne pense pas qu’il ait changé. Maintenant, j’ai une vision plus profonde sur la discipline que je considère être la plus complexe au monde – une combinaison d’art et de rivalité.

B : Comment ‘Over the Limit’ va-t-il être distribué ? Au cinéma ou à la télévision ? Peut-on déjà connaître la sortie française ?
MP : En ce moment, on démarre la tournée promotionnelle à travers le monde. Il y aura une distribution télévisuelle et, je l’espère, au cinéma, mais je ne peux pas encore totalement me prononcer là dessus. En ce qui concerne la sortie en France, j’en saurai plus dès la première semaine de janvier 2018. Mon agent Autlook fait un travail remarquable pour toucher un public aussi large que possible. On sait déjà que de nombreux pays veulent voir le film et on fait de notre mieux pour pouvoir répondre favorablement à leur demande.

B : Quel message vouliez-vous faire passer en réalisant ce documentaire ?
MP : Je ne réalise pas des films pour faire passer un message. Je ne veux pas imposer une perception du film mais, au contraire, que celui qui le regarde puisse l’interpréter personnellement selon son ressenti.

B : Comment le film est-il perçu dans le monde de la gymnastique ?
MP : Comme il n’y a eu pour le moment qu’une seule diffusion à Amsterdam, je ne peux pas répondre tout de suite à cette question.

B : Avez-vous déjà reçu une distinction pour Over the Limit ? Quel est votre ressenti si tel est le cas ?
MP : Non pas encore, à l’IDFA (International Documentary Filmfestival Amsterdam), nous n’avons reçu aucune mention pour ce film-là mais il a par contre été très bien reçu. Beaucoup de gens de l’industrie cinématographique ont vraiment aimé le projet. Des réalisateurs que je respecte ont aimé le film et cela signifie beaucoup pour moi.

*Surnom de Margarita Mamun pour ceux qui ne le sauraient pas encore 🙂

Crédit photos © Marta Prus

Suivre l’actualité du film Over the Limit sur Facebook : cliquez-ici !

Read the interview in English : click here!

Facebooktwitterpinterestlinkedinmail

Laisser un commentaire

  • Flux RSS
  • Facebook
  • Twitter
  • Contact

Au bord du praticable...

Prochainement

Où pratiquer la GR ?

Catégories

Championnats de France Championnats d'Europe Championnats du Monde Jeux Olympiques Jeux Olympiques de la Jeunesse Circuit Coupe du Monde Circuit Grand Prix Autres rencontres Communauté