Natalia Godunko est née à Kiev en Ukraine le 5 décembre 1984. Elle débute la gymnastique rythmique en 1991 dans un club de quartier à proximité de chez elle puis intègre rapidement le haut niveau à la célèbre Deriuguina School. En 1996, Natalia devient membre de l’équipe nationale ukrainienne et travaille sans relâche pour, un jour, pouvoir faire partie de l’élite internationale.
Mais la voie qui mène au succès est semée d’embuches et Godunko devra se surpasser pour pouvoir sortir du lot. L’Ecole d’Albina et Irina Deriuguina a comme qui dirait, une « marque de fabrique » : leurs gymnastes sont, toutes sans exception, longilignes et filiformes, pas question de sortir du moule. Ce choix morphologique s’explique également sur une de leurs plus vieilles traditions qui est la volonté de développer au maximum les qualités corporelles et techniques de leurs athlètes en les faisant successivement passer des exercices d’ensemble à des enchaînements individuels. Voilà pourquoi la plupart des gymnastes ukrainiennes ont évolué dans ces deux catégories distinctes en inter-changeant parfois plusieurs fois pendant leur carrière. Or, Natalia a une silhouette plutôt athlétique bien qu’élancée même si elle a très tôt disposé d’énormes qualités physiques. De plus, ses entraîneurs ont tendance à lui préférer Tamara Yerofeyeva et Anna Bessonova, ses coéquipières et rivales. Pourtant, ce sont justement ses différences qui vont profiter à sa carrière et la propulser sur le devant de la scène.
Ses débuts internationaux remontent à 1999 mais on se souvient plutôt de 2001, année pendant laquelle Natalia se classera 5ème en ensemble aux championnats d’Europe de Genève et sera sacrée championne du monde par équipe à Madrid en tant qu’individuelle (corde et ballon) aux côtés de Yerofeyeva et de Bessonova, après le contrôle positif au dopage des russes Kabaeva et Tchachina, alors déchues de leurs titres et médailles. Cette victoire donne des ailes à Natalia et lui donne envie de redoubler d’acharnement pendant l’entraînement pour prouver à tous qu’elle mérite bien ce titre. En 2002, les bons résultats sont au rendez-vous mais ne sont pas suffisants pour lui permettre de se qualifier en finale devant Anna et Tamara. Elle retourne en ensemble pour représenter l’Ukraine aux championnats du Monde à la Nouvelle Orléans et termine 6ème au général. 7ème en ensemble aux championnats d’Europe de Riesa en 2003, la tâche va devenir, quelques mois plus tard, complexe. En effet, pendant les mondiaux de Budapest, Godunko va se présenter en ensemble et en individuelle pour le concours par équipe. Elle se classe 5ème en ensemble et remporte l’argent par équipe. Ces championnats sont également décisifs pour les qualifications aux Jeux Olympiques d’Athènes et Natalia souhaiterait saisir sa chance. Heureusement pour elle, Yerofeyeva, finaliste olympique aux Jeux de Sydney en 2000, met un terme à sa carrière. L’Ukraine a remporté deux qualifications pour les Olympiades, le quota maximum par nation autorisé et elles reviennent logiquement à Anna Bessonova et à Natalia qui ne matchera dorénavant plus qu’en individuel. Entre métamorphose et personnalisation accrue, Godunko impose enfin son véritable style, en mode rouquine cette fois ! Haute en couleur, tant sur le choix de ses tenues ou de ses engins, que sur sa vivacité et ses époustouflantes prises de risque, la voilà qui affirme nettement sa présence sur les praticables. Natalia en bluffe plus d’un !
En 2004, sa progression confirme son épanouissement en tant que leader. 4ème aux championnats d’Europe chez elle à Kiev, elle est enfin prête à s’envoler pour Athènes et remporte une belle 5ème place en finale olympique. Triplement médaillée aux Jeux Mondiaux de Duisburg en 2005, elle se fait un peu discrète les deux années qui suivent et est arrêtée pour cause de blessure à plusieurs reprises. Néanmoins, on la retrouve plus en forme que jamais à l’aube de 2008 après un mondial à Patras en 2007 assez décevant. Tentant le tout pour le tout, Natalia se qualifie pour sa deuxième olympiade, les Jeux de Pékin, lors de la seconde phase de tests. 6ème aux championnats d’Europe de Turin en 2008, elle remporte une 7ème place en finale olympique à Pékin avec des compositions explosives et judicieuses. Quelques mois plus tard, elle remporte le bronze au cerceau lors de la finale Coupe du Monde de Benidorm en Espagne. Elle décide alors de quitter les praticables malgré les réticences de ses entraîneurs. Attendue par son public pour une apparition, même éclair, à la Deriuguina Cup 2009, étape du circuit Grand Prix, Natalia ne se montre pas. Les quelques interviews du moment démontrent bien qu’il y a un certain malaise entre la jeune femme et ses anciennes coachs, on en ressent presque une certaine colère mais Godunko évite les invitations prétextant être partie en voyage et n’avoir pas eu l’occasion d’échanger des mots avec les Deriuguinas. Peu importe le pourquoi du comment, Natalia se dit déçue du niveau des nouvelles recrues de « l’Ecole » allant même jusqu’à insinuer qu’elles n’ont pas l’étoffe pour être des athlètes de haut niveau. Serait-ce un soupçon de nostalgie, de la rancoeur ? Néanmoins, en septembre 2010, aux championnats du Monde de Moscou, les Deriuguinas auront surement eu raison d’elle pour la faire revenir une dernière fois sur les praticables. Très amaigrie, on ne reconnaît plus vraiment son peps d’autrefois, un nouveau code de pointage est en vogue, les sorties d’engin se multiplient, elle terminera pourtant en 18ème position, ce qui n’est pas négligeable après un retour sans autre compétition préalable. Cette décision vaudra d’ailleurs à ses entraîneurs une sanction sévère pour ne pas avoir respecter un délai obligatoire de six mois de retour à la compétition et transgressant ainsi l’application des règles anti-dopage. >> Voir article correspondant « l’Ukraine broie du noir » du 2 octobre 2010
Aujourd’hui, Natalia a bel et bien arrêté la compétition. On lui souhaite d’avoir retrouvé sa joie de vivre comme on se souvient de tout ce qu’elle a su apporter à la discipline.