Irina Risenzon est née à Buda en Hongrie le 14 janvier 1988. D’origine également ukrainienne, la belle au sourire ravageur, est pourtant de nationalité israélienne puisqu’elle habite à Holon en Israël depuis son enfance, ville célèbre en gymnastique rythmique pour son Grand Prix annuel. Elle débute la gymnastique rythmique à l’âge de 5 ans et démarre très tôt les compétitions internationales. Pourtant, il faudra attendre 2003 pour réellement se rendre compte de son potentiel alors qu’elle rentre seulement en catégorie sénior. Son premier grand rendez-vous n’est autre que le mondial de Budapest pour lequel elle se classera 11ème par équipe et 23ème en individuel. Le résultat est bien entendu trop juste pour espérer une qualification aux Jeux d’Athènes, mais l’objectif n’est pas encore olympique, il s’agit de prendre ses marques. Avec des passages très contrôlés et très propres d’exécution, Irina dispose déjà d’une extrême souplesse dorsale qu’elle n’hésite pas à revendiquer à tous les engins. Pétillante et débordante d’originalités chorégraphiques, Risenzon assurera la relève pour Israël après la bifurcation de Katerina Pizetsky qui matchera en ensemble et non plus en individuel sur le cycle 2004-2008.
Après une année 2004 plutôt timide, 2005 se présente comme une année charnière avec deux grandes échéances, les européens de Moscou et les mondiaux de Baku. 11ème au concours général individuel et 8ème en finale du ruban aux championnats d’Europe, Irina se classe au 13ème rang mondial après Baku. C’est une sacrée remontée, en à peine deux ans, elle grimpe d’une dizaine de places. En 2006, les européens ont de nouveau lieu à Moscou mais cette fois, elle termine 9ème au général et entre dans le top dix européen et mondial. Irina s’inscrit petit à petit dans de nombreuses finales d’étapes grand prix et de coupe du monde, elle connaît l’ascension tant attendue pour pouvoir se qualifier aux Jeux de Pékin aux championnats du Monde de Patras. En 2007, 8ème aux européens de Baku, elle se classe 7ème à Patras et obtient sa qualification olympique aisément.
Mais son incroyable sourire ne laisse à aucun moment transparaître les duretés de la discipline de haut niveau. Et pourtant, Irina va subir plusieurs blessures qui pourraient remettre en cause sa participation aux Jeux Olympiques. C’est une jeune fille qui ne lâche rien lorsqu’elle s’entraîne, si certains d’entre vous ont eu la chance de l’observer à l’échauffement, vous avez pu voir qu’elle paraît exténuée après chaque passage tellement elle cherche à donner le meilleur d’elle-même. C’est aussi ce qu’exigent ses entraîneurs, Irina Vigdorchik et Fira Voronov, inflexibles avec leur élève car elles savent que si Irina en est là aujourd’hui c’est qu’elle est capable d’aller jusqu’au bout de son rêve.
Abonnée aux 8èmes places, c’est de nouveau le cas aux championnats d’Europe de Turin, rendez-vous préparatoire avant l’olympiade. 8ème des qualifications, Irina devient plus qu’une olympienne, elle fait partie des dix finalistes de Pékin et remporte une belle 9ème place.
Mais Risenzon n’en restera pas là, à la finale Coupe du Monde de Benidorm en novembre 2008, elle prend la 7ème place au cerceau et au ruban et la 8ème place à la corde et aux massues.
6ème à Baku aux européens et aux mondiaux de Mie, 2009 restera une de ses plus belles années.
2010 arrive et Irina présente de tous nouveaux programmes, elle se classe 11ème aux championnats d’Europe de Brême mais elle subit une nouvelle blessure à la cheville quelques temps avant de concourir à ses derniers mondiaux, ceux de Moscou où elle finira 9ème et qualifiée à deux finales. C’est au Grand Prix d’Holon 2010, chez elle en Israël, qu’Irina mettra un terme à sa carrière internationale avec d’autant plus d’émotion.
On se souviendra longtemps d’Irina pour son rapport et ses jeux chorégraphiques avec le public. Pleine de malice et de délicatesse, elle a su emmener sa gymnastique dans une dimension spectaculaire qui n’est pas évidente à faire partager avec la complexité du code de pointage actuel. Avec des enchaînements intelligemment rythmés, je pense sincèrement que c’est une des seules gymnastes à avoir été bien conseillée en matière de choix musicaux qu’elle doit d’ailleurs à sa chorégraphe Ayelet Zysman.
Irina se consacre maintenant au mannequinat et participe à diverses campagnes publicitaires israéliennes. Elle a déjà posé plusieurs fois pour des reportages photos et fait la une de magazines de mode. Elle aime d’ailleurs changer de look, on lui connaît ses changements fréquents de couleur de cheveux qui passait du brun au blond en passant par l’auburn. On continuerait même à essayer de l’apercevoir en compétition, juste pour apercevoir sa tignasse et son merveilleux sourire…