Anna Bessonova est née à Kiev le 29 juillet 1984 à Kiev en Ukraine. Lorsque les Bessonov ont emménagés dans leur maison au début des années 1980, ils ne se doutaient pas que leur famille deviendrait une dynastie du sport, et que vingt ans plus tard, le père et la mère auraient à déplacer leurs trophées de football et de gymnastique pour faire place aux médailles de leur fille. Sa maman n’est autre que l’ancienne championne Viktoria Serikh qui l’a d’ailleurs initiée à ses premiers pas gymniques.
Anna commence en effet très tôt la gymnastique rythmique à l’âge de 3 ans et intègre l’équipe nationale dès 1994. Comme tant d’autres gymnastes ukrainiennes de classe mondiale, Anna est issue de la Deriuguina School encadrée par Albina et Irina Deriuguina, mère et fille. Outre sa silhouette très élancée (le type ukrainien en GR), Anna rencontre une autre spécificité, celle d’être une athlète complète puisqu’elle a matché aussi bien en individuel qu’en ensemble. Bessonova se fait remarquer en 1999 avec des thèmes classiques mais propres d’exécution, notamment aux championnats du monde d’Osaka. D’ailleurs son enchaînement au cerceau sur le lac des cygnes lui collera longtemps à la peau, elle le présentera même aux JO d’Athènes. Mais les années se succédant, Anna prouvera qu’elle sait incarner bien des styles différents.
Un peu discrète en début de carrière et encore dans l’ombre de Tamara Yerofeeva la n°1 ukrainienne, Bessonova fait sensation aux championnats d’Europe de Saragosse en 2000 en présentant un exercice au ruban original et hispanisant qui lui vaut une promettante 4ème place.
Aux championnats du monde de Madrid en 2001, après le retrait des titres des gymnastes russes Alina Kabaeva et Irina Tchachina, sanctionnées pour dopage, Anna se voit couronnée de la médaille d’argent au cerceau et au ballon et du bronze au concours général et à la corde.
En 2002, aux championnats d’Europe de Grenade, elle remporte l’argent à la corde et le bonze au général et aux massues. La même année au tournoi Coupe du Monde de Stuttgart, voilà qu’elle remporte 3 médailles d’or et une médaille d’argent. Après le départ à la retraite de Yerofeeva, Anna se retrouve enfin sous les projecteurs.
En 2003, c’est de nouveau le même parcours de réussite, avec de nouveau 3 médailles d’or et une d’argent à son actif aux championnats d’Europe de Riesa. Puis c’est au tour des championnats du monde de Budapest où le public l’acclame tant qu’on entend plus la musique de ses passages. Son enchaînement au cerceau et aux massues avaient frisé la perfection lui valant de remporter l’or à chaque finale. Elle se contentera de l’argent par équipe, au général, ainsi qu’aux finales du ballon et du ruban. Une princesse est née mais la nouvelle rivale des russes sera malheureusement perçue comme un vilain petit canard dans le corps d’un cygne puisqu’elle sera victime de mal-notations et de quelques injustices tout au long de sa carrière.
Vice-championne d’Europe en 2004 chez elle à Kiev, la voilà bientôt prête pour sa première expérience olympique. Et c’est le podium assuré pour la nouvelle olympienne qui remporte la médaille de bronze derrière les russes Kabaeva et Tchachina.
Etant encore en pleine progression, 2005 est une bonne année avec de grosses échéances pour tester ses nouveaux programmes. Aux Jeux Mondiaux de Duisburg, elle remporte l’or à la corde, l’argent au ballon et le bronze au ruban. Médaillée de bronze aux championnats d’Europe de Moscou, elle prend l’argent au ballon et au ruban et le bronze à la corde et aux massues lors des finales par engin. Quelques mois plus tard, elle gravit encore les échelons en devenant vice championne du Monde à Baku.
De nouveau vice championne d’Europe deux ans plus tard et sur le podium à chacune des finales, 2007 va bientôt être une année glorieuse pour Bessonova. En effet, elle est sacrée championne du Monde absolue à Patras en septembre 2007 malgré la colère dégagée par le clan russe ennemi. Mais cette victoire est méritée et était très attendue des ukrainiens et des fans de gymnastique rythmique à travers le monde qui perçoivent enfin un brin de justice. Pékin n’est plus très loin et la maturité paye plus que tout !
De nouveau vice-championne d’Europe à Turin en 2008, Anna se voit confrontée à un autre problème dont sa persévérance ne viendra pas à bout : la nouvelle star montante russe Evgenia Kanaeva, qui, en à peine un an, se verra décerner le titre suprême tant attendu par l’ukrainienne, celui de championne olympique. Les Jeux de Pékin sont une sincère réussite et Anna ne pense pas qu’une gymnaste de six ans sa cadette puisse rivaliser avec l’expérience d’une double olympienne. Mais le destin la contentera du renouveau, Anna Bessonova est 3ème derrière Kanaeva et la bélarusse Inna Zhukova. Un peu amère, Anna garde la tête haute même si elle n’aime guère aborder le sujet. Elle veut prendre sa revanche à Benidorm, lors de la finale Coupe du Monde qui a lieu en novembre quelques mois après les Jeux. Là encore pas de médaille d’or mais ce que son public lui offre comme accueil et comme attention apaise la revanche et le manque de reconnaissance dont elle finissait par plaisanter devant les caméras et les journalistes.
Anna sait plus que jamais où elle puise sa force et tout ce dont elle a à revendre. Après un arrêt de cinq mois, Bessonova souhaite faire plaisir à ses fans en annonçant son retour à la Deriuguina Cup en mars 2009. Embarquée dans des projets de danse, de défilés de mode et d’émissions de télévision comme celle de Danse avec les stars, version ukrainienne, Anna n’en a pas tout à fait fini avec la gymnastique. Elle vise néanmoins les championnats du monde de Mie 2009 en prouvant qu’elle fait toujours partie de l’élite mondiale. Médaillée de bronze au général, à la corde et au ballon, elle termine sur une magnifique médaille d’argent au ruban sur un mouvement très intense signé d’une reprise de Carmina Burana.
Très proche de Kiev et de sa famille, Anna met un terme à la compétition internationale mais se produit encore en gala lors de divers tournois. Toujours au milieu de propositions de participation à des projets liés au sport et à la mode, Anna est également consultante auprès de ses anciens entraîneurs et est ravie d’apporter son aide et d’être un exemple pou les futures élites de la gymnastique rythmique ukrainienne.