Moscou a accueilli pour la première fois, ces deux dernières semaines, les 30èmes championnats du Monde de gymnastique rythmique. L’effort des organisateurs moscovites aura pour le moins été récompensé puisque la Russie remporte un total de 17 médailles dont 9 en or, 6 en argent et 2 en bronze. Championnes du Monde par équipe et en tête des qualifications, les russes récidivent l’exploit de l’année dernière des mondiaux de Mie au Japon. Evgenia Kanaeva conserve sa position de leader mondial et devient double championne du Monde absolue. Médaillée d’or au cerceau et au ballon, elle rate de peu la victoire à la corde et devra se contenter de la médaille d’argent. Pas de finale au ruban pour Kanaeva qui ne s’est qualifiée qu’en 3ème position derrière ses coéquipières, seules deux gymnastes par nation pouvant prétendre aux finales du concours général et par spécialité. La réelle bataille du clan russe s’est jouée entre Daria Kondakova et Daria Dmitrieva. La première conserve son statut de vice-championne du Monde en se qualifiant de nouveau aux côtés de Kanaeva alors que la deuxième devra se contenter de briller lors des finales par engin. Kondakova remporte l’or à la corde et l’argent au cerceau et au ruban, elle se voit également décerner le Prix de l’Elegance par Longines, récompense attribuée lors de chaque mondial de la discipline. Quant à Dmitrieva, elle s’empare de l’or au ruban et de l’argent au ballon.
Chez les ensembles, les russes sont une nouvelle fois détrônées par les italiennes en commettant des erreurs aux cerceaux et ne s’emparent que de la médaille de bronze au concours général. Elles se ressaisissent tout de même et prennent leur revanche en remportant l’or à chacune des finales.
Médaillées d’argent au concours par équipe, les bélarusses talonnent les russes en prouvant leur constante progression. Melitina Staniouta, 6ème des qualifications, se voit récompensée de la médaille de bronze au concours général en remontant de trois places et de la médaille de bronze à la corde. 4ème des qualifications et également prétendante aux finales, Lioubov Charkashyna, toujours en mal de consécration, termine seulement 10ème du concours général.
L’ensemble bélarusse, extrêmement régulier depuis les Jeux Olympiques de Pékin, est enfin récompensé de l’argent au général et du bronze au combiné cordes/rubans. Pénalisée en finale des cerceaux, l’équipe dégringole en 7ème position.
Troisièmes par équipe, les azéries, qui s’entraînent régulièrement au centre olympique de Moscou, remportent la médaille de bronze. Aliya Garayeva, largement en tête devant ses coéquipières et qualifiée 5ème, se classe 4ème du concours général au pied du podium. Elle remporte le bronze à 3 finales sur 4.
Du déjà-vu ? C’est ce qu’on pouvait sincèrement souhaiter aux italiennes qui, par leur maturité et leur cohésion d’équipe, remportent le titre suprême pour la seconde fois consécutive au concours général des ensembles. Légèrement dominée par les russes lors des finales, la « squadra azzurra » se contentera de l’argent à chaque exercice sans déception aucune.
La première bonne surprise de ces championnats du Monde sera surement la médaille de bronze aux 5 cerceaux de l’ensemble bulgare, l’une des équipes les plus méritantes au niveau mondial en terme d’originalité et de prise de risque. La Bulgarie a en effet un peu de mal à trouver sa place depuis quelques années et l’ensemble a plusieurs fois subi des modifications qui peuvent altérer à la longue le bon fonctionnement d’une équipe.
La deuxième bonne surprise est, bien entendu, la 13ème place de Delphine Ledoux au concours général et sa magnifique 7ème place à la corde. Avec de tels résultats qu’elle renouvellera, sans aucun doute, à Montpellier l’année prochaine, son billet pour les Jeux de Londres sera assuré.
Du côté de l’ensemble, nos françaises se classent 16èmes, 13èmes aux cordes/rubans et 19èmes aux cerceaux. C’est une première expérience pour quasiment l’intégralité des filles et la marge de progression est encore conséquente mais c’est un très bon positionnement pour l’équipe de France qui vise, comme Delphine, une qualification olympique.
Enfin, surement avez-vous remarqué le retour de l’ukrainienne Natalia Godunko qui n’était pas au mieux de sa forme puisqu’elle n’avait repris l’entraînement que depuis quelques mois. Selon la fédération ukrainienne, son apparition n’est que ponctuelle, rien ne démontre que Natalia continue sa carrière par la suite.
Résultats :
Concours par équipe
Qualifications individuelles
Concours général individuel
Finale corde
Finale cerceau
Finale ballon
Finale ruban
Concours général des ensembles
Finale 5 cerceaux
Finale 3 rubans/2 cordes

Voici une gymnaste qui est chère à mon coeur car c’est grâce à elle que j’ai eu le déclic pour la gymnastique rythmique en visionnant une cassette des Internationaux de Paris-Bercy de 1995. Il s’agit de Larissa Lukyanenko, née le 7 août 1973 à Stoiba, petit village de la région de Krasnoyarsk en Russie. Mais c’est au Bélarus que Larissa va construire sa carrière au sein du Dynamo Club de Minsk. Entraînée par Galina Krilenko qui, avant elle, avait coaché Marina Lobatch, championne olympique à Séoul en 1988, Larissa commence la GR à l’âge de 7 ans en 1980.
A 23 ans, Larissa fait partie des gymnastes les plus expérimentées avec la bulgare Maria Petrova à participer aux Jeux. Finaliste olympique, elle termine sa carrière sur une belle 7ème place juste derrière notre française Eva Serrano.
Le Grand Prix de Holon en Israel, 6ème étape du circuit, s’est déroulé ce weekend avec de nouveau des victoires uniquement aux couleurs de la Russie. En effet, Evgenia Kanaeva, 1ère du concours général, remporte l’or aux quatre finales alors que la toute jeune Daria Dmitrieva détrône pour la première fois l’autre Daria (Kondakova) en terminant en seconde position, ce qui la qualifie en tant que deuxième russe prétendante aux finales. Elle gagne alors l’argent à chacune des finales.






