Interview d’Irina Tchachina (Shape.ru)

le 14 novembre 2008Commentaires fermés

Retrouvez la nouvelle interview de notre vice-championne olympique 2004, Irina Tchachina, extraite du magazine russe Shape. Vous allez voir que même les athlètes olympiens ont du mal à trouver leur voie…

Aujourd’hui vous réalisez des numéros de cirque, est-ce difficile d’être à la fois dompteuse et clown?
Pour être honnête, j’étais très anxieuse à l’idée de faire la pitre… je n’ai carrément pas le profile d’une actrice. Ce n’étais pas facile pour moi de porter un ‘masque’, de plus je suis incapable de pleurer à la demande. J’ai joué un rôle dans le film ‘Path’ et dans une des scènes, je devais éclater en sanglots. J’ai fait perdre beaucoup de temps à la réalisation du film à cause de ça. Le directeur criait: ‘Ira, pleure! L’homme que tu aimes le plus au monde vient d’être tué!’ Au lieu de ça, je rigolais. Finalement, j’ai été obligée de prendre des gouttes afin de pleurer artificiellement.

En ce qui concerne le domptage, pourquoi avoir choisi des caniches et non des tigres par exemple?
Je pense être beaucoup plus craintive que Yana Churikova (présentatrice russe ayant participé au même projet). Je sais des tigres que généralement ils se mettent à attaquer ensemble et la manière de les approcher reste pour moi un mystère. Je ne dis pas pour autant qu’il était facile de s’adapter aux caniches mais quand même!

Si vous êtes craintive comme vous le dîtes, pourquoi avoir accepté de participer au projet du ‘Cirque des stars’?
N’allez pas croire que c’est à cause d’une histoire de RP. Ca non! C’est plutôt la relation avec un public qui me manquait de par ma carrière gymnique. Je m’entraîne six heures par jour et la charge de travail est considérable, je dirais même que c’est plus endurant que n’importe quelle journée au gymnase, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Même les vieux traumatismes refont surface. Mais je ne me plains pas, c’est une expérience très enrichissante.

Me diriez-vous qu’une préparation olympique prend moins de temps et d’effort?
Le sport et le cirque ne sont pas comparables. Dans le sport, il y a des compétitions difficiles et un objectif à atteindre à n’importe quel prix au-delà de la souffrance et malgré les blessures. Si vous ne réussissez pas votre enchaînement à 100%, vous devez le répéter encore et encore jusqu’à qu’il soit parfait. Alors qu’avec le cirque, si vous êtes fatiguée ou que vous en avez marre… vous pouvez rentrer chez vous. Les stars restent entre elles à répéter. Pas pour gagner mais pour offrir un beau spectacle aux spectateurs.Aujourd’hui, c’est la mode pour les célébrités de passer d’un sport à un autre dans des projets tels que ‘Danse sur glace’ ou le ‘Roi du ring’. S’il existait le programme ‘Les stars font de la GR’ comment réagireriez vous?
J’y ai pensé mais en tant que professionnelle, je ne comprends pas comment ce serait possible.

Est-il plus difficile de réaliser des sauts que de danser sur des patins?
Ce n’est pas ça, mais dans la plupart des shows télévisés, les hommes participent en général au même titre que les femmes. Il m’est difficile d’imaginer des hommes réaliser des enchaînements avec des massues ou un ruban même si les japonais la pratiquent déjà et sont pour la masculinisation de la GR. Je trouverais plus amusant de lancer un projet comme le ‘Club comique’ et d’y inviter Vladimir Turchinskiy ( violoniste et compositeur d’origine russe, immigré en Israel)… Sinon, il serait plus adapté de faire un programme ‘Les stars font du fitness’ plus que de la gym.

Il était prévu que vous montiez votre propre club de fitness?
Oui, en effet, c’est prévu. J’étais en collaboration avec ‘Maxisport’ mais après leur fusion avec ‘World Class’, le projet a gelé. Maintenant, je commence ‘Fitness pour vous!’ avec l’un des centres de production et prévoit de me rendre dans les grandes villes de Russie pour y donner des cours.

Après avoir quitté le monde du sport, comment se dessinait votre avenir?
J’ai attendu de voir venir. Je pense qu’il est difficile de passer à autre chose après avoir pratiqué un même métier jusqu’à plus de 20 ans.

Nombreux sont les sportifs qui deviennent eux-mêmes entraîneurs par la suite…
C’est une voie difficile et sans merci: se donner corps et âme à un enfant qui peut décider du jour au lendemain qu’il ne se battra pas pour devenir le plus grand des athlètes n’est pas évident à gérer! Hormis ça je ne souhaite tout bonnement pas être entraîneur.

Et en tant qu’observateur?
Le journalisme m’intéressait mais j’ai compris que ce n’était pas non plus pour moi. Pour l’instant, je suis très occupée par les différents projets en cours: le show ‘Alexei Nemov’, ‘Les stars sur glace’ et les séances de tournage. A vrai dire, je suis plutôt attirée par le management. Je pense m’y consacrer pleinement d’ici un an ou deux. Nemov, Kabaeva, Khorkina et moi sommes en pleine recherche dans ce milieu-là. Sans oublier qu’Alina Kabaeva et Svetlana Khorkina travaillent déjà à la Douma d’Etat.Vous avez été vous-même candidate à la ville d’Omsk?
Non, j’ai refusé. Je n’aurais pas été une bonne politicienne. Je ne m’y connais vraiment pas. J’ai répondu: ‘Merci, mais je soutiendrai la Russie dans un autre domaine!’

Etes-vous proche d’Alina Kabaeva?
A la fois oui et non. Nous ne nous croisons plus beaucoup, sauf à l’occasion d’évènements importants. Nous nous sommes toujours entendues même si des tensions se faisaient sentir lors des compétitions et il était préférable de nous éviter. Chaque fois c’était soit elle, soit moi qui gagnait. Malgré ça, il n’y a jamais eu d’animosité entre nous. La presse ne cessait de nous comparer et tentait de nous séparer. Mais la compétition c’est une chose, la vie c’en est une autre et nous savions faire la différence. Pour répondre à votre précédente question sur ce que je voulais faire de ma vie, je reste persuadée que je ferai tout pour avoir une bonne hygiène de vie et que je garderai un pied dans le sport.

Suivez-vous un régime?
Après avoir arrêté la gym, j’ai pris 6 kg. Je ne mangeais pas plus que d’habitude mais je ne m’entraînais plus. Je me suis alors prise en main et j’ai exclu toute nourriture grasse, sucrée, jus de fruits et remplacé par des légumes, de la salade et de l’eau minérale. Ce n’était pas facile au début parce que j’aime bien manger des frites et du chocolat. J’ai toujours remarqué, même en m’entraînant au gymnase, qu’il fallait manger du chocolat pour pallier au manque d’énergie. Et c’est ce que je faisais en dépit de la rigidité du règlement. Notre repas quotidien était composé de blé, de bouillie à base d’orge et de riz. Imaginez que je n’ai mangé que ça depuis 1999! Après la gym, je n’ai jamais pu en remanger. En général, je fais attention à ce que je mange pour être belle dans mes tenues et aussi pour plaire aux hommes.

Justement, vous avez déjà posé pour des revues de charme…
Oui, et je cherchais justement à être la plus spectaculaire possible.

Votre première couverture vous comparait à une vampe. Qu’en pensez-vous?
En réalité, ça ne ma plaît pas. Pas que les photos n’étaient pas belles, mais j’étais jeune et la styliste avait choisi pour thème ‘la dame de pic’ avec un air langoureux, les cheveux tirés en arrière… Selon moi, ça ne m’allait pas. Par contre, quand on m’a reproposé de me photographier pour un autre magazine, j’ai eu l’opportunité de révéler ma vraie féminité. J’ai alors enfin pu laisser l’image de sportive derrière moi et aller de l’avant.

Si ce n’est pas un secret, quel est votre comportement avec les hommes? Etes-vous enigmatique, romantique? Vous écrivez même un journal intime, non?
Plus maintenant, seulement pendant ma carrière gymnique. C’était d’ailleurs plus un journal de bord qu’un journal intime et il est très courant chez les sportifs d’en tenir un, cela permet la discipline.

Alors, et avec les hommes?
Ca dépend. Je peux aussi bien être romantique que jouer ma femme fatale ou être calme et sensible. Mais je sais être une femme chic!

Sensible, vous?
Je parais calme à la surface, mais au fond de moi ça bouillonne. J’ai beaucoup d’amis parmi les hommes, même mariés, et j’ai comme une relation de frère et soeur avec eux. C’est le cas d’ailleurs avec le gymnaste Alexei Nemov, nous sommes très proches.

Etes-vous amie avec des femmes?
C’est plus difficile. Je m’y brûle parfois les doigts. C’est la jalousie entre les femmes que je n’aime pas.

Qui contacteriez-vous en situation d’urgence?
Ma grand-mère, car elle habite aussi à Moscou alors que ma mère et mon autre grand-mère vivent à Omsk.

Appelleriez-vous votre petit ami?
Je préfère gérer mes problèmes toute seule, c’est le sport qui m’a appris à être comme ça.

Vous a-t’on déjà demandée en mariage?
Oui, huit fois déjà. Mais pour le moment, je ne me sens pas prête à m’investir dans une relation. Je sais que ma grand-mère souhaite connaître ses arrières petits enfants mais je lui répète que ça viendra quand ça viendra! J’aimerais en tous cas en avoir deux: d’abord un fils et ensuite une fille!

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