Depuis quelques années la lutte contre le dopage semble progresser. Mais à l’heure où l’on parle d’athlètes génétiquement modifiés, où ce fléau contamine le sport amateur, les tricheurs peuvent-ils être sérieusement inquiétés ?
Le sport est un facteur reconnu de protection de la santé : dans les pays développés, on vit mieux et plus longtemps si l’on pratique une activité physique adaptée et bien conduite. Dans certaines situations (diabète ou problèmes cardiovasculaire), l’activité physique est même considérée comme une thérapeutique à part entière. Mais il est des cas où la pratique sportive peut constituer un facteur de risque sanitaire : l’absence de dépistage initial des contre-indications, une qualité des soins déficiente, la recherche de la performance à tout prix ou le détournement de la fonction médicale au profit d’une aide à la performance en sont des exemples significatifs.

Une conduite dopante, qu’est-ce que c’est ?

On parle de conduite dopante lorsqu’une personne consomme notamment certains produits, pour affronter un obstacle réel ou ressenti , afin d’améliorer ses performances (compétition sportive, examen, entretien d’embauche, prise de parole en public, situations professionnelles ou sociales difficiles).Dans le monde sportif, cette pratique prend le nom de dopage. Le dopage n’est pas une simple tricherie.

De nombreux facteurs interviennent dans les motivations des usagers et prédisposent à une conduite dopante : * Le sexe : en moyenne, les garçons se dopent plus que les filles ;
* L’âge : le nombre d’usagers augmente au cours de l’adolescence ;
* Le milieu familial : le comportement des aînés vis-à-vis des substances psychoactives est important ;
* L’obligation de résultats ;
* L’isolement social : l’éloignement du domicile, des lieux d’études, de travail ou d’entraînement sportif ;
* Le système de carrière dans le milieu sportif et la recherche de célébrité ;
* Le milieu familial : la pression ou le désintérêt de l’entourage vis-à-vis des résultats ;
* Les amis, les collègues de travail : le besoin de s’intégrer.

En France, si les résultats des contrôles antidopage ne montrent en moyenne que 2 % de prélèvements positifs par an, les conduites dopantes ne concernent pas uniquement les athlètes de haut niveau et/ou les professionnels.
Une étude internationale avance que 3 à 5 % des enfants sportifs et 5 à 15 % des amateurs adultes utiliseraient des produits dopants. Seuls les produits agissant sur le système de récompense du cerveau et utilisés lors de conduites dopantes sont traités ici

* Les stimulants ;
* Les narcotiques ;
* Les agents anabolisants ;
* Les corticostéroïdes ;
* Les bêtabloquants.

L’usage de diurétiques, d’hormones de croissance, d’EPO et d’anesthésiques locaux comporte des risques et des dangers pour la santé. Il n’entraîne ni modification de la conscience, ni dépendance physique.

Les produits dopants sont achetés :

* Dans le circuit pharmaceutique légal (médicaments détournés de leur usage, souvent prescrits sur ordonnance médicale) ;
* Sur le marché clandestin, fournis le plus souvent par l’entourage des usagers (produits de laboratoires clandestins ou importations frauduleuses, leur nature exacte est invérifiable et leur qualité sujette à caution).

Le dopage est un fléau de la pratique sportive. Il touche désormais tous les niveaux de pratique. La lutte contre le dopage est donc devenue une véritable mission de santé publique, la protection des sportifs, en particulier des jeunes, nécessitant la mobilisation de tous.

Le dopage des athlètes: DOPAGE = SPORT+ DROGUE + ARGENT

« Gagner le plus d’argent possible dans un laps de temps très court, cela peut-il constituer un projet de vie? »

La consommation de substances améliorant les performances peut mettre la santé en danger. L’athlète qui a recours au dopage ne nuit pas qu’à lui-même mais porte également atteinte au sport dans son ensemble.

– propos recueillis Manon STEHLY, Jérôme CHASTAGNER, étudiants en Master 1 SHS –

Irina Tchachina (photo ci-contre) a été contrôlée positive à l’issue des Goodwill Games en 2001, tout comme sa compatriote Alina Kabaeva. La FIG en collaboration avec le Comité d’Organisation a suspendu les deux gymnastes. Leur classement et titres de la saison en cours avaient également été annulés.